J'allais commencer cet article en vous écrivant que je venais vous présenter, aujourd'hui, une broderie qui me tient beaucoup à coeur. Et puis j'ai réfléchi deux secondes, et je me suis dit que ça n'avait pas de sens, car quand je consacre du temps à une broderie, entre cinq et dix heures, généralement, parfois davantage, heureusement qu'elles me tiennent toutes à coeur, heureusement qu'elles m'enveloppent toutes au point que je rechigne à lâcher mon ouvrage quand le Soleil se couche, que j'en écrive le projet de la poursuite tout en haut de ma to do list du lendemain. Je crois que je ne pourrais pas broder "froidement". La broderie a cet avantage, qu'elle partage avec la gravure, de laisser du temps au temps. Au fil du travail, j'imagine systématiquement des histoires, je m'identifie aux personnages, je leur invente un prénom. Je m'attache à tout ce petit monde.
Une fois la broderie terminée, mon esprit galope déjà vers la prochaine, cherchant un autre personnage à qui m'attacher, un autre sujet qui m'enveloppera tout entière. Alors oui, ce matin je voulais vous écrire que cette broderie me tenait beaucoup à coeur, mais je n'avais pas envie, en écrivant ça, de faire passer toutes les précédentes au second plan, car je sais que je les ai toutes faites avec beaucoup de coeur et de patience. Mais tout de même, jusqu'à la prochaine broderie, j'ai envie de garder une place toute particulière à celle-ci. Peut-être parce que j'y associe mon amour pour les renards, les pulls moelleux d'automne et les jupes à pois. Peut-être parce que je me reconnais dans cette demoiselle, et que quand je la regarde, j'ai la sensation d'avoir brodé mon autoportrait.
Quelques informations pratiques :
J'ai utilisé des fils DMC, en fil simple pour les contours du visage et de la main (je travaille d'habitude plutôt en fil double pour les contours, c'est très bien pour donner une impression de finesse, mais je voulais ici quelque chose de vraiment très, TRES fin), en fil double pour délimiter les côtes du pull, et en fil triple pour "remplir" le pull, colorer le renard et la jupe.
- Pour le renard, les références des fils utilisés sont "BLANC", et 921. Malheureusement j'ai perdu le papier entourant l'écheveau utilisé pour le pull vert, je crois qu'il s'agit de la référence 500. Même problème pour la coudière, mais il pourrait s'agir du fil de référence 841.
- Pour le renard, les références des fils utilisés sont "BLANC", et 921. Malheureusement j'ai perdu le papier entourant l'écheveau utilisé pour le pull vert, je crois qu'il s'agit de la référence 500. Même problème pour la coudière, mais il pourrait s'agir du fil de référence 841.
Toujours fidèle aux mêmes points de broderie, j'ai eu recours au point de tige (contours), au point de chainette (la coudière du pull), et au passé plat (remplissage).
- Le rendu "fluffy" du renard est obtenu en variant la longueur des points réalisés au passé plat. Un point court, un point long, un point court… Petit à petit, on avance ainsi. C'est assez plaisant à faire, car on peut se laisser aller à quelques irrégularités, cela participera à donner un côté tout poilu du renard.
Cela faisait très longtemps que j'avais pour projet de broder un vêtement. L'automne m'en a donné l'occasion parfaite, avec le retour des pulls moelleux. Je souhaitais réussir à rendre compte de cet aspect, jouant sur les textures, et je dois dire que je suis assez satisfaite du rendu. Pour donner cette impression de pull à côtes, j'ai d'abord brodé tous les contours du pull et délimité les côtes par des rayures verticales (tout cela au point de tige). Ensuite, je suis venue remplir les bandes ainsi constitués avec du passé plat, en brodant des obliques dont j'ai inversé le sens à chaque bande de façon à donner une impression de chevrons.
Je le confesse, j'ai complètement projeté mes goûts vestimentaires dans cette broderie, alors je n'ai pas pu résister à l'envie d'ajouter des coudières à ce pull !
Pour cette broderie, j'ai eu envie de poser un peu les choses sur le papier avant de dessiner sur la toile. Je dessine généralement tout de suite sur le tissu, profitant de mon feutre effaçable à l'eau pour "gommer" à ma guise, mais pour cette broderie, j'ai tout de même préféré faire une esquisse sur papier auparavant. Je vous le conseille si vous avez une idée précise en tête et que vous n'êtes pas sûr de réussir à la concrétiser aussi fidèlement que vous le voudriez. Combien de fois je n'ai pas été frustrée, constatant le résultat d'une création, de me dire que c'était mieux dans ma tête !
C'est également intéressant pour noter les associations de couleur auxquelles on a pensé, faire des tests et des ajustements.
J'espère que tous ces modestes conseils vous seront utiles, et que cette broderie saura vous raconter des histoires autant que je m'en suis raconté en la réalisant. Vous me raconteriez, ce qu'elle vous évoque ?













