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lundi 10 octobre 2016

Broderie d'automne, renard et pull moelleux


J'allais commencer cet article en vous écrivant que je venais vous présenter, aujourd'hui, une broderie qui me tient beaucoup à coeur. Et puis j'ai réfléchi deux secondes, et je me suis dit que ça n'avait pas de sens, car quand je consacre du temps à une broderie, entre cinq et dix heures, généralement, parfois davantage, heureusement qu'elles me tiennent toutes à coeur, heureusement qu'elles m'enveloppent toutes au point que je rechigne à lâcher mon ouvrage quand le Soleil se couche, que j'en écrive le projet de la poursuite tout en haut de ma to do list du lendemain. Je crois que je ne pourrais pas broder "froidement". La broderie a cet avantage, qu'elle partage avec la gravure, de laisser du temps au temps. Au fil du travail, j'imagine systématiquement des histoires, je m'identifie aux personnages, je leur invente un prénom. Je m'attache à tout ce petit monde. 

Une fois la broderie terminée, mon esprit galope déjà vers la prochaine, cherchant un autre personnage à qui m'attacher, un autre sujet qui m'enveloppera tout entière. Alors oui, ce matin je voulais vous écrire que cette broderie me tenait beaucoup à coeur, mais je n'avais pas envie, en écrivant ça, de faire passer toutes les précédentes au second plan, car je sais que je les ai toutes faites avec beaucoup de coeur et de patience. Mais tout de même, jusqu'à la prochaine broderie, j'ai envie de garder une place toute particulière à celle-ci. Peut-être parce que j'y associe mon amour pour les renards, les pulls moelleux d'automne et les jupes à pois. Peut-être parce que je me reconnais dans cette demoiselle, et que quand je la regarde, j'ai la sensation d'avoir brodé mon autoportrait. 

Quelques informations pratiques : 
J'ai utilisé des fils DMC, en fil simple pour les contours du visage et de la main (je travaille d'habitude plutôt en fil double pour les contours, c'est très bien pour donner une impression de finesse, mais je voulais ici quelque chose de vraiment très, TRES fin), en fil double pour délimiter les côtes du pull, et en fil triple pour "remplir" le pull, colorer le renard et la jupe. 

- Pour le renard, les références des fils utilisés sont "BLANC", et 921. Malheureusement j'ai perdu le papier entourant l'écheveau utilisé pour le pull vert, je crois qu'il s'agit de la référence 500. Même problème pour la coudière, mais il pourrait s'agir du fil de référence 841. 

Toujours fidèle aux mêmes points de broderie, j'ai eu recours au point de tige (contours), au point de chainette (la coudière du pull), et au passé plat (remplissage). 

- Le rendu "fluffy" du renard est obtenu en variant la longueur des points réalisés au passé plat. Un point court, un point long, un point court… Petit à petit, on avance ainsi. C'est assez plaisant à faire, car on peut se laisser aller à quelques irrégularités, cela participera à donner un côté tout poilu du renard. 


Cela faisait très longtemps que j'avais pour projet de broder un vêtement. L'automne m'en a donné l'occasion parfaite, avec le retour des pulls moelleux. Je souhaitais réussir à rendre compte de cet aspect, jouant sur les textures, et je dois dire que je suis assez satisfaite du rendu. Pour donner cette impression de pull à côtes, j'ai d'abord brodé tous les contours du pull et délimité les côtes par des rayures verticales (tout cela au point de tige). Ensuite, je suis venue remplir les bandes ainsi constitués avec du passé plat, en brodant des obliques dont j'ai inversé le sens à chaque bande de façon à donner une impression de chevrons. 

Je le confesse, j'ai complètement projeté mes goûts vestimentaires dans cette broderie, alors je n'ai pas pu résister à l'envie d'ajouter des coudières à ce pull !


Pour cette broderie, j'ai eu envie de poser un peu les choses sur le papier avant de dessiner sur la toile. Je dessine généralement tout de suite sur le tissu, profitant de mon feutre effaçable à l'eau pour "gommer" à ma guise, mais pour cette broderie, j'ai tout de même préféré faire une esquisse sur papier auparavant. Je vous le conseille si vous avez une idée précise en tête et que vous n'êtes pas sûr de réussir à la concrétiser aussi fidèlement que vous le voudriez. Combien de fois je n'ai pas été frustrée, constatant le résultat d'une création, de me dire que c'était mieux dans ma tête ! 
C'est également intéressant pour noter les associations de couleur auxquelles on a pensé, faire des tests et des ajustements. 

J'espère que tous ces modestes conseils vous seront utiles, et que cette broderie saura vous raconter des histoires autant que je m'en suis raconté en la réalisant. Vous me raconteriez, ce qu'elle vous évoque ?

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mardi 22 septembre 2015

Fall is coming


Il a plu, la semaine dernière, il a beaucoup plu. Il a fait nuit le jour, et j'aurais pu me morfondre, regretter cette fin d'été que je rêvais ensoleillée, mais j'ai plutôt choisi de m'atteler à quelques petites bricoles que je relègue toujours à plus tard. J'ai brodé bien au chaud. J'estime toujours avoir plus important à faire que broder, je place souvent inconsciemment - à tort - l'activité "broderie" au summum de ces projets à réserver pour les ultimes moments où tout, tout, toutes les choses importantes auront été faites. Mais il reste toujours quelque chose d'important à faire, alors je ne brode pour ainsi dire, jamais. 
J'ai beaucoup moins de difficulté à dégager de la disponibilité pour dessiner, peut-être parce qu'il est plus facile de moduler le temps que je vais y consacrer, et qu'en 5 minutes comme en 5 heures, il est possible d'aboutir à quelque chose de plus ou moins… abouti.

La broderie, c'est différent, pour celle-ci, j'ai perdu en cours de route le compte des heures que j'y ai consacrées. Je suis novice dans cette activité, que j'ai découverte seulement l'été dernier à travers un mini stage mené par les équipes du créateur Pascal Jaouen, que les Bretons connaissent bien pour ses costumes traditionnels brodés qui sont des oeuvres d'art à part entière. J'y avais appris, en l'espace d'une journée, les essentiels des points qu'on retrouve dans le folklore vestimentaire de la Bretagne, le point de tige et le point de chainette, pour les plus simples, jusqu'au point de neudé, au point de feston et au passé plat.


De cette initiation d'un jour, j'ai évidemment tout oublié, et en l'espace d'un an, je n'ai brodé qu'une petite raquette de tennis pendant que je suivais avec passion les matches de Roland Garros en mai dernier. Maigre productivité.


Et puis, la pluie de la semaine dernière m'a ramenée à la broderie. Je n'avais plus envie de lire, je n'avais pas envie de dessiner, je venais de terminer un tissage et voulais varier les plaisirs, et puis surtout, je voyais bien que c'était l'automne, qui arrivait, qu'il était là à manger ma fin d'été mais qu'il me disait aussi "coucou, tu te souviens comme tu m'aimes ?" Alors j'ai cherché à accepter la pluie pour me souvenir des feuilles qui recouvriraient bientôt les trottoirs de leurs mille déclinaisons d'ocre et de rouille, de la beauté de la lumière qui filtre à travers les arbres lors des balades automnales en forêt, des citrouilles que l'on creuse et des potimarrons qui entrent à la maison. Du home sweet home dans lequel j'aime à me vautrer allègrement chaque année à cette même époque à force de tasses de chocolat chaud et des plaids que je ressors religieusement du placard.

J'ai brodé pour accepter la pluie, j'ai brodé pour dire au revoir à l'été et me souvenir de toutes ces choses qui font que j'aime l'automne. Et ce petit renard m'est venu comme une évidence. J'ai ce petit truc avec les renards qui fait que, comme beaucoup, je fonds dès lors que j'en aperçois sur des housses de coussins et autres accessoires de décoration. J'ai donc imaginé un petit renard aux traits simplets, un petit renard innocent qui regarderait les feuilles tomber, comme je regardais la pluie tomber à ce moment-là.

Demain, c'est l'automne, et aujourd'hui, je voulais vous le présenter, ce petit renard. Fall is coming!


Vous trouverez en fin d'article le printable de mon dessin préparatoire, que j'ai numérisé pour qui aurait envie de broder plein de petits copains renardeaux à mon renard. Le tracé du fichier n'est pas parfait, mais cela n'a pas spécialement d'importance, celui-ci ayant pour seule vocation d'être décalqué sur le tissu.

Pour cette broderie, j'ai donc eu besoin :
  • d'un panel de fils à broder DMC, de toutes les couleurs que m'évoquaient l'automne. 
  • un tambour de broderie. J'ai chiné le mien il y a quelques mois, et je n'avais en fait jamais brodé à l'aide d'un tambour, pensant pouvoir m'en passer. En réalité, c'était une grosse erreur de débutante car cela change vraiment tout de travailler avec un tissu constamment tendu. Je n'envisagerais plus une seconde faire sans. 
  • une aiguille à broder. 
  • du tissu. Pour cette broderie, j'avais une idée très précise de ce que je désirais. Je cherchais un tissu blanc cassé avec un aspect rustique, presque un drap de campagne, avec des aspérités dans les fibres. Je suis donc allée répéter ce laïus face à une vendeuse de Self Tissus désemparée par ma demande, qui m'a néanmoins trouvé LE tissu dont je rêvais. J'ai trouvé celui-ci vraiment très commode à travailler, car les fibres sont bien visibles et m'ont aidée à piquer des points réguliers. 
  • une paire de ciseaux. 

Pour ma broderie, je me suis servie des deux points les plus simples : le point de chainette, pour l'essentiel, et le point de tige, pour des petits détails comme les nervures des feuilles. 
J'ai essayé de décomposer le point de chainette en photos, mais si vous êtes comme moi et qu'une vidéo est plus parlante, il existe tout plein de tutoriels sur Youtube. 

Pour ce qui est des photos ci-dessous, voici la marche à suivre (tout simple) : 
  • Sur la première photo, j'ai piqué le fil (utilisé en double, pour plus de volume) de façon à le faire ressortir par le dessus du tissu. C'est le premier point de la chainette, en a. 
  • Sur le deuxième photo, on vient repiquer le fil exactement au même endroit, en a., et on le fait ressortir un peu plus loin, en b. En ce qui me concerne, j'essaye de réaliser des chainettes assez serrées, et les plus régulières possible. Il vaut donc mieux décider dès le départ combien de fils de trame du tissu on veut avoir entre a. et b., et s'y tenir. Ici, vous pouvez voir qu'il y en a deux.
  • Sur la troisième photo, c'est la position du fil qu'il faut regarder, car pour réaliser un point de chainette, il faut veiller à ce que le fil sortant de a. repasse bien sous l'aiguille avant de tirer. 
  • C'est ce qui va permettre de boucler le premier maillon de la chaine, tel que vous le voyez sur la quatrième photo. 

Et on continue de la sorte. Sur la cinquième photo, je commence mon deuxième maillon en repiquant au même endroit (b., donc, cette fois), je prends deux fils de trame et je ressors mon aiguille en c.Je vérifie que le fil sortant de b. passe bien sous l'aiguille, et je tire. Et ainsi de suite !


Je termine cette broderie avec la pulpe de l'index usée et endolorie (des trucs, pour éviter cela ?), mais avec plein d'autres envies dans ce domaine. Et la ferme intention de ne plus reléguer la broderie à mes ultimes moments de "je n'ai plus rien à faire", car de toutes façons ceux-là n'existent pas !



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