vendredi 5 juin 2015

Carantec sur un coup de tête


On n'a pas voulu les laisser s'égrener comme cela, ces trois précieux jours de week-end de Pentecôte. On a voulu les chérir, les bichonner. Pour autant,  je n'avais rien anticipé, rien envisagé, décidant fermement de me laisser dériver en lâchant prise, un tout petit peu. Un matin, je me suis réveillée avec l'envie de voir la côte nord, d'aller embrasser la Bretagne sur l'autre joue. On a sorti des tiroirs - à l'ancienne - une vieille carte routière, et on a laissé nos doigts se balader sur les contours dentelés du Finistère. Roscoff, Trébeurden, Trégastel, St Pol de Léon... Et puis Carantec.
En une seconde l'affaire était pliée, en une tempête, Carantec nous avait déjà emportés sur le papier. 

Nous y avons posé les pieds sans réfléchir, sans y avoir réfléchi non plus. 
Nous avons découvert Carantec à marée basse, son paysage lunaire, ses trous d'eau, la mer à l'ouest, la mer à l'est, nous laissant désorienter par la route submersible qui se découvrait petit à petit tandis que l'eau descendait, pour autoriser l'accès à l'île Callot, l'espace de quelques heures. 

Grand seigneur, Carantec m'a offert des souvenirs d'enfance, en me laissant ramasser des bigorneaux jaunes, les "littorines", les mêmes que je collectionnais petite, quand je les alignais en rangs d'oignons du plus pâle au plus orangé, et que je ne trouve plus depuis des années sur mes habituelles plages du sud Finistère.



Nous sommes partis après avoir divagué un peu dans les rues entre les fières villas et les maisonnettes à lambris blanc, nous félicitant de notre escapade, nous répétant très fort que c'est bon parfois, de cesser de réfléchir. 

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