vendredi 22 novembre 2013

La Tour 13

Je ne pense pas oublier de sitôt ma visite de la Tour 13. 
Sur le papier, cette tour, elle avait tout pour me plaire, rassasier ma quête permanente de street art, ma fascination pour la poésie de l'urbex. Neuf étages d'un bâtiment du 13è arrondissement parisien, ancien ensemble de logements HLM, appelé à une démolition prochaine. Neuf étages confiés aux mains d'artistes du monde entier et ouverts au public pour trente petits jours. Trente-six appartements investis du sol au plafond, repeints, attaqués, violentés, choyés. 


Neuf étages, pour neuf heures d'attente, mais ça on ne se le représente vraiment qu'à la fin. J'ai attendu, une heure, puis deux. Certains, autour de moi, se sont découragés assez vite, d'autres se fixaient une heure butoir : "à treize heures je vois où j'en suis". 


Mais l'on perd rapidement ses repères, la notion du temps qui passe devient approximative. Petit à petit les seuils de tolérance à l'attente augmentent. Les mêmes, à treize heures, se promettent de faire le point à seize heures. Moi-même, je me la fais cette promesse. Je me la suis faite, plusieurs fois, comme on repousse successivement un réveil trop matinal. 


Ca fait mal aux jambes, neuf heures, ça fait mal au dos. Ca désoriente, aussi. Il y a Paris, tout autour, qui continue à grouiller. Bon sang qu'est-ce que tu fais à rester plantée là autour d'un pâté de maison. 


J'ai eu l'idée un peu folle d'aller visiter cette Tour 13 en solitaire. Mais l'on s'est retrouvés seuls à plusieurs, et ces neuf heures, petit à petit, se sont gorgées de rencontres.  De ces jolies rencontres dont on ne sait, après tout, si elles seront appelées à une suite mais on s'en fout tant qu'elles comptent là, maintenant, tout de suite. 


Marine, peut-être as-tu trouvé un emploi pour maintenant. J'aurais aimé t'en dire plus sur les trésors qu'il me reste à découvrir à Paris. Giancarlo, tu t'es éclipsé une heure pour courir nous acheter à manger à l'autre bout de Paris. Comme ça. Nous avons avancé de cinq petits mètres pendant ton escapade, tu aurais pu prendre ton temps.    


Et vous, et toi, Marie, César, et les autres, pourvu que vos projets fonctionnent. Nous nous sommes tous quittés un peu gauches, groguis et endoloris. Sonnés par cette journée surréaliste, un peu fous mais surtout heureux et conscients de notre chance. D'avoir été là pour voir cela. 

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