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vendredi 18 mars 2016

Des souvenirs de voyage qui comptent

Lorsque je voyage, un de mes vrais plaisirs consiste à dénicher quelques petits objets souvenir à glisser dans ma valise du retour. C'est un défi qui m'accompagne pendant mes journées, avec comme mot d'ordre essentiel l'interdiction d'entrer dans des boutiques exclusivement dédiées aux souvenirs touristiques. 

Depuis de nombreuses années, à chaque voyage, je préfère en effet privilégier mes achats chez de petits artisans locaux, dans des boutiques coups de coeur proposant une sélection de produits choisis avec soin, sur des brocantes et vide-greniers, dans un quartier un peu secret déniché par hasard au terme d'une balade menée sans carte touristique. C'est ma façon à moi de faire de ces souvenirs matériels quelque chose qui ait du sens à mes yeux, et qui continue de compter une fois rentrée à la maison, le voyage terminé. 

Je me souviens d'un voyage scolaire à Venise, lorsque j'avais 16 ans, où j'avais été émerveillée par la profusion de masques vendus partout sur des stands, émerveillée presque jusqu'à l'écoeurement, incapable de me décider pour acheter un seul de ces masques, les trouvant outrageusement beaux ainsi disposés tous ensemble, tapageurs, mais aussitôt moins enthousiasmants lorsque j'en saisissais un exemplaire précis entre mes mains. Finalement, profitant d'un temps libre avec ma classe, j'avais déniché, dans une rue minuscule, le non moins minuscule atelier d'un artisan qui fabriquait ses masques en papier mâché, patiemment, faisant de chacun des modèles uniques. C'était autre chose que tout ce que j'avais pu voir jusque là, et j'avais utilisé mon argent de poche avec plaisir pour m'offrir un masque chez ce monsieur. 

Je rapporte généralement assez peu de choses dans ma valise, par souci de place, premièrement, de budget, ensuite, et enfin, parce que le mot d'ordre expliqué ci-dessus me permet déjà d'effectuer un tri drastique parmi toutes les jolies petites choses qu'on trouve à l'étranger,   par lesquelles j'aurais vite fait de me laisser tenter, grisée par l'ambiance du voyage. 

Lorsque j'ai un doute, dans une boutique, j'ai toujours le réflexe de me demander si je serais susceptible d'acheter cet objet en France, indépendamment du fait qu'il s'agisse d'un souvenir de voyage. En général, de cette manière, je me rends assez vite compte de la valeur que je porte réellement à l'objet, et je le repose très souvent s'il n'incarne "qu'un" souvenir de voyage à mes yeux. 

Si je regarde un peu quelques souvenirs rapportés de Freiburg, d'Istanbul et d'Amsterdam, dernièrement, je me rends compte que j'ai un faible tout particulier pour les linogravures et sérigraphies réalisées en édition limitée par des artistes locaux. Aucune référence visuelle aux pays ou villes visités dans ces impressions, rien qui ne les étiquette à priori comme des souvenirs de voyage, mais "moi je sais", moi je me souviens de leur provenance. Cette gravure d'Istanbul, venue de cette toute petite boutique complètement incongrue de l'île d'Heybeliada. Cette sérigraphie de Freiburg, de cette gigantesque brocante où m'avait emmenée mon amie Carina. Et enfin, cette gravure d'Amsterdam, que je vous présente aujourd'hui, dénichée dans la boutique The Otherist, probablement mon plus gros coup de coeur shopping, dont je reparlerai très bientôt. 

D'Amsterdam, j'ai donc rapporté peu de choses, mais ces petites choses (exception faite des souvenirs utiles, qui ont plutôt rejoint mes tiroirs) se sont déjà frayé un chemin pour intégrer ma décoration, pas prêts à en être délogés. 
Gravure de Suzanne Norris, tirage 27/30, "Cabinet de curiosités", à qui je vais devoir trouver un joli cadre.


Torchon et herbes à inhaler, de chez Dille et Kamille. (souvenir utile)

Cartes postales cactus, de chez Wildernis - Aimants en bois, de chez Dille et Kamille. 


Carreau blanc hollandais revisité par la créatrice Marga Van Oers, qui invite son humour et sa poésie sur des motifs anciens. J'ai choisi le modèle "Capitaine", pour la détermination et l'innocence positive que je voyais à travers ce petit garçon pirate.  

Et vous, comment concevez-vous 
les souvenirs de voyage ? 
Souvenirs matériels, immatériels, 
objets qui garderont du sens à vos yeux
 une fois rentrés dans votre environnement quotidien ?

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