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vendredi 23 février 2018

Escapade hivernale sur la pointe de Trévignon

pointe de Trévignon

Je n'aurais jamais cru qu'il puisse y avoir foule ce jour-là. Comme souvent les dimanches où je pressens une jolie lumière venir dans le ciel, j'ai voulu partir à la mer. Pas d'autre intention que celle de me laisser étourdir par le vent, de marcher les mains dans les poches, parfois posées sur l'appareil photo, d'éprouver la solitude des bords de mer.

Nous étions foule de solitaires pas si solitaires sur la pointe de Trépignon ce dimanche-là, dans le Finistère. 

Il ne faisait "pas si pire" question températures, c'était même l'été en hiver, manteau déboutonné et bonnet sur la tête. Les gens étaient de bonne humeur, je l'ai noté tout de suite. Il y avait les petits joueurs, assis sur les rochers, qui observaient la procession de promeneurs cherchant à rejoindre le phare, en évitant les vagues qui s'écrasaient sur la digue à intervalles réguliers. Je ne pourrais pas vous dire combien ont fini trempés de la tête aux pieds. On n'est pas plus malins que la mer, et cette mer-là, elle était encore en colère, chargée de la fureur de toutes les tempêtes passées. Moi, moi j'étais petite joueuse, je l'ai juste regardée, j'aurais pu le faire pendant des heures. 

pointe de Trévignon
pointe de Trévignon
pointe de Trévignon
pointe de Trévignon
pointe de Trévignon
pointe de Trévignon

Je vous souhaite un beau week-end.


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vendredi 3 novembre 2017

Les bords de mer roussissent à l'automne

Hebergeur d'image

Chaque année, je suis prise des mêmes réflexes quand vient l'automne. Alors que, souvent, elle exerce sur moi la même attirance qu'un aimant, la mer, je me surprends tout à coup à lui préférer les forêts changeantes, leur atmosphère enveloppante et les couleurs uniques de la nature qui se transforme à cette période. 



Pourtant, il y a eu septembre et les derniers vacanciers qui s'en vont, ce goût des plages retrouvées, où l'on renoue, elle et moi, avec un peu de nos tête-à-tête. Mais septembre, c'est encore l'été, l'été tiède qui me plait bien plus que la pleine saison. Quand arrive l'automne, le vrai automne, cherchant vainement les nuances d'ocre et d'orangé sur la plage, je finis toujours par poursuivre ma quête en forêt. 
Je délaisse un peu l'océan, et puis quelquefois, c'est moi qui viens lui apporter quelques feuilles d'arbres, pour lui faire voir comment c'est, l'automne, comme ici, ces feuilles girafes, ramassées trivialement sur le parking en amont des falaises. 


Hebergeur d'image

Pourtant, les bords de mer roussissent aussi à l'automne, et cette balade du côté de la pointe du Millier me l'a prouvé il y a quelques semaines. Il faisait si gris dehors, qu'on ne voyait qu'elles, les fougères brûlées, un flanc de colline entier rougi par strates, et nous, promeneurs épars, qui descendions jusqu'à toucher les vagues.

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Et de votre côté, y'a-t-il des paysages qui vous fascinent 
davantage que d'autres, en automne ? 
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vendredi 5 mai 2017

Partir loin pas très loin, à la Pointe du Raz

Chaque fois que j'ai la possibilité de m'échapper, de prendre du temps pour moi, j'ai aussitôt des envies d'ailleurs, et je l'éprouve effectivement, ce besoin de m'échapper de quelque chose ou quelque part. Je veux partir loin, et je ne prends finalement pas assez de temps pour faire le tour de la Bretagne. Pourtant, je ne compte plus les fois où je m'extasie devant des photos qui ont été prises sur le pas de ma porte. Des photos de petits trésors bretons que je n'ai toujours pas pris la peine d'aller explorer, alors qu'ils sont sous mes yeux, ou presque. Petit à petit, j'essaie de rectifier le tir, et d'aller voir toutes ces pépites de plus près. Je constitue des listes, et je me donne des objectifs de découvertes ou de redécouvertes. 

En avril, j'ai profité de quelques jours de vacances, et j'ai décidé de les consacrer à la Bretagne. A plusieurs reprises, j'ai paniqué et me suis mise à chercher des destinations de dernière minute, tergiversant sur ma décision, me demandant si je n'allais pas regretter de ne pas être partie, ensuite, quand je ne pourrais plus le faire. Partie chercher de la famille à la gare, face au ballet de touristes, ceux qui partent, ceux qui arrivent, l'envie m'a démangée, moi aussi, de monter dans le train et de partir. J'ai regardé les avions dans le ciel et j'ai tâché d'imaginer où je pourrais bien m'envoler, maintenant, tout de suite. 

Mais je me suis efforcée de tenir ma décision, et de rechercher l'ailleurs tout à côté de moi. Et finalement, mes vacances auront été bien trop courtes pour explorer tout ce que j'aurais souhaité explorer. Aujourd'hui, je vous emmène pour partager un petit bout de route avec moi, à la Pointe du Raz.

Avant d'y retourner m'y balader, il y a quelques semaines, j'avais un souvenir d'enfance de la Pointe du Raz. Aussi précis que sélectif, il se résumait à une part de kouign-amann que m'avait offert ma tante, alors que le vent soufflait fort, très très fort. Et à des faits divers dans les journaux, ceux qui égrènent le nom des malheureux qui se sont fait piéger par les vents. 
Je crois que, forte de ce souvenir, je n'imaginais pas vraiment la Pointe du Raz autrement que sous des conditions climatiques mitigées, un ciel gris et chargé, et des rochers frappés par la mer. Le genre d'endroit qui impressionne, où j'aime me rendre quand je suis moi-même en colère, et que j'ai l'impression de pouvoir laisser la nature s'exprimer à ma place. 

L'autre jour, je n'étais absolument pas en colère, pas plus que le ciel, bleu sans nuage. Mais je voulais partir loin, loin pas très loin, et l'endroit me semblait tout trouvé. 

Sur le sentier, j'ai entendu parler toutes les langues, parce qu'en se rendant là, certains étaient réellement partis loin, pour de vrai. Je me suis crue en Ecosse, puis en Cornouaille anglaise, puis non, cette Cornouaille-là était bien française. Je lui ai donné la main pour avancer au bord du vide juste assez mais pas trop. J'ai savouré le premier pique-nique de l'année, mis de la crème solaire et posé pour une photo souvenir. Et puis je suis partie loin, moi aussi. 


Finalement, quand on regarde cette carte, c'est un peu le bout du monde, la Pointe du Raz, non ?
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vendredi 7 avril 2017

Dis, on se connaît, joli Finistère ?


Je suis toujours celle que tu étonnes par tes sautes d'humeur, tes avis de grand vent qui chassent la pluie, font revenir le Soleil, puis non, puis oui à nouveau. Celle que chaque fois que je crois enfin te connaître, tu renvoies à son ignorance comme tes grandes vagues les petits cailloux dans le sable. 
Ce dimanche-là, je n'avais pas envie d'explorer un nouveau morceau de la côte bretonne, je voulais plutôt me laisser bercer par la douceur de cet endroit-là, celui que j'avais connu l'été dernier. Un de ces petits paradis où dit-on, la mer frappe moins fort,  les eaux sont plus bleues, le vent moins senti. Ma plage, là, comme ça, nichée dans un creux de falaise, ma plage qui ne s'offre et ne se dévoile qu'après un quart d'heure de marche sur le chemin des douaniers, en évitant les racines, les espadrilles qui font crisser les feuilles, qu'en tournant le dos à "la grande plage" avec une pincée de snobisme. 
Ma plage, où l'été je viens passer des matinées entières à lire adossée contre les rochers, attendant que les vacanciers arrivent au compte-goutte pour repartir quand je n'ai plus envie de partager "mon" petit paradis.

C'est cet endroit-là que je suis allée retrouver, ce dimanche-là. Il faisait bon, il faisait beau, et j'avais hâte de découvrir à quoi ressemblait ma plage au printemps. 
Et puis sur le chemin côtier, le ciel s'est couvert, le vent s'est levé. Très vite j'ai compris que ce n'était pas ma plage que j'allais retrouver. Oh, il y avait bien le petit kiosque, en haut de la falaise, pour me rappeler que j'étais au bon endroit, mais cet endroit-là me montrait un visage différent, une gueule de plein hiver au printemps, de la colère et des grosses vagues venues engloutir toute ma plage. Il a fallu ruser pour emprunter le petit escalier de pierres qui sépare les deux criques, regarder au large et me tenir là comme un surfeur qui refuse de prendre la vague. Profiter de ce moment où la mer se retire pour sauter et passer de l'autre côté.

Je n'ai pas lu contre les rochers comme d'habitude, je n'ai rien fait comme d'habitude, d'ailleurs. L'endroit était beau, plein de caractère, c'est juste que, venue retrouver un vieil ami, je rencontrais un parfait inconnu. 

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vendredi 2 septembre 2016

Carte postale bretonne #2 : Le phare d'Eckmühl

Aujourd'hui, je vous retrouve avec un petit billet écrit au coeur  de l'été, que je n'avais pas publié jusqu'à ce jour. Belle journée à tous !


À Penmarc'h, le 20.07.2016

L'autre jour, je suis montée tout en haut du phare de Penmarc'h, le phare d'Eckmühl. Je vérifie toujours sur internet avant d'écrire son nom, car le "h" se balade chaque fois aléatoirement de lettre en lettre, avec moi. Je le connais depuis toujours, pourtant, ce phare. Etonnamment, je n'étais jamais grimpée jusqu'en haut. L'autre jour ça m'est venu comme une évidence. Tout était morose, tu sais, l'actualité, les lendemains, et dans ces cas-là j'ai toujours envie de m'échapper. Alors cette fois-ci j'ai pris la tangente par la verticale, j'ai pris de la hauteur et je suis grimpée tout là-haut. La mer était basse, dégageant des roches, des algues et des eaux turquoises, et en bas, c'était beau, qu'est-ce que c'était beau ! C'était aussi beau qu'un globe terrestre, tous les continents, tous les océans miniaturisés sous mes yeux.

Certains sont montés en comptant les marches une à une. Je les ai entendus, tous, moi qui admirais déjà la vue en haut, ils faisaient rebondir les nombres sur les parois  étroites du phare, et les nombres grossissaient en colimaçon plus ils se rapprochaient de moi. Je les ai entendus, tous, arriver en annonçant fièrement leur compte est bon, et j'ai entendu autant de nombres de marches différents. Je me suis renseignée, depuis, tu penses bien, c'était 307, qu'ils auraient dû chanter à l'unisson.

Je n'ai même pas tiré la langue de toute l'ascension. Je me suis arrêtée tant de fois pour photographier les rayons de lumière, les interstices de bleu à travers les fenêtres, que je me suis élevée très tranquillement. Ce sont des drôles,  un peu, là-bas, chaque année ils organisent le championnat du monde de la montée du phare, et on vient de tout partout pour y prendre part. Les gars, ils ne prennent pas de photos pendant l'ascension, eux, je pense que j'aurais l'air maligne si je me prêtais au jeu du contre-la-montre. 

En descendant, je me suis baladée encore un peu autour du phare. Il m'a semblé voir les passants chercher le regard de l'autre, on avait sûrement un peu tous envie de nous sourire les uns aux autres, ce jour-là, de diffuser une chaleur plus humaine que celle, seule, de l'été, qui ne nous suffisait pas alors. 













Je suis passée devant un hangar à l'entrée duquel un monsieur en vareuse bretonne observait le large avec des jumelles, posté devant un canot magnifique à la coque brillante comme un sou neuf. "Papa Poydenot", qu'il s'appelait, le bateau. Le petit monsieur avait envie de me parler, lui aussi, de m'expliquer, alors il m'a expliqué la belle histoire de ce bateau. Car avant "Papa Poydenot", il y avait "Maman Poydenot", qu'avait fait construire Monsieur Poydenot à la fin du 19è siècle par amour pour son épouse.

 À la mort de son mari, celle-ci a décidé de faire bâtir une réplique du premier canot et de l'appeler "Papa Poydenot", comme un hommage. Il est beau, ce bateau, si beau qu'il est d'ailleurs classé Monument historique. Dans le hangar, tout autour du bateau, on peut observer de superbes photos en noir et blanc, du temps où il  naviguait entre les quelques ports voisins. 


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mercredi 24 août 2016

Instantanés du mercredi

Marco Polo et les ambiances bretonnes - Chilling - Ces eaux turquoises que j'aime tant - Rescue.

Incontestablement mes chaussures préférées de l'été, elles ne quittent plus mes pieds, ces petites espadrilles Sézane - La Bretagne et les quatre saisons dans une seule journée - Repos face à la mer - Reprise du running sur terrain plat après quelques semaines à marcher dans les montagnes.

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