vendredi 16 juin 2017

Sur le chemin du Lech, jour 5 (étape de transfert et repos)


Je vous retrouve aujourd'hui pour la suite de mon voyage dans les montagnes, entre l'Autriche et l'Allemagne. Après une très belle étape entre Lechleiten et Steeg, nous savions que nous nous exposions à une journée très pluvieuse. Pas particulièrement intéressées par la perspective d'engranger des kilomètres coûte que coûte, qu'il pleuve ou qu'il vente, nous nous étions déjà préparées à tirer un trait sur cette étape, et avions décidé d'en profiter pour réaliser tranquillement notre transfert en navette vers la prochaine auberge, située à Elmen, dans la région du Tyrol autrichien. Cette pluie était finalement presque la bienvenue, car elle coïncidait avec cette journée de transfert, où nous aurions dû, sans elle, randonner avec nos gros sacs à dos, ce que nos épaules avaient moyennement apprécié lors du 1er transfert. 


C'est donc enveloppée dans nos imperméables, le sac à dos glissé dans un sac poubelle - un équipement au top ! - que nous nous sommes engouffrées dans la navette gratuite, où nous avons retrouvé notre conducteur chouchou. 

Pendant le trajet, j'essaye tant bien que mal de reconnaître les contrastes si beaux que nous ont offert les jours de grand beau qui ont précédé, et c'est comme si tout avait disparu. Tout a changé, tout dégouline, la montagne dégouline, le Lech dégouline, et je perds de vue les sommets, disparus sous les nuages. La rivière, si bleue et cristalline les jours passés, me semble s'être transformée en un énorme torrent de boue. Je me sens toute petite, dépendante du bon vouloir de la météo, un peu impuissante aussi, et tandis que je colle ma tête contre la vitre du bus, la pluie ruisselant, je me dis que cette impuissance me va bien, et qu'il est bon de laisser filer ce qui de toutes façons, ne dépend pas de moi. 

Nous rejoignons Elmen, village où se trouve notre 3ème auberge. Là-bas, les conditions météo, dantesques, rendent difficile d'avoir un coup de coeur pour l'endroit, où ne paraît pas y avoir âme qui vive. 
Nous mettons un certain temps à trouver notre auberge, tout en haut du village. La chambre, où nous avons prévu de passer deux nuits, est spartiate, rendue encore une fois très sombre par le temps du jour. J'ai un petit moment de panique quand j'apprends qu'il n'y a pas de connexion Wifi en même temps que je suis obligée d'allumer la lumière en plein jour. Heureusement, notre hôte, Karin, est une dame adorable, qui nous propose immédiatement de sécher nos chaussures de randonnée, et nous invite à venir partager un thé et goûter une part de gâteau maison... tout en nous demandant de confirmer - à plusieurs reprises - que nous avons bien l'intention de rester deux nuits, ce qui a l'air de la surprendre !

Mistwetter : temps pourri !

Après avoir profité de ce repos forcé pour écrire nos cartes postales, nous nous décidons à partir explorer le village. Notre hôte nous a parlé d'un restaurant, le seul et unique du village, et nous avons très envie d'y aller nous réchauffer autour d'un chocolat chaud. Ce restaurant sera un peu notre QG, pendant ces deux jours que nous passerons sur place, et je dois dire que je me suis sentie très bien dans cet endroit où il règne une atmosphère digne de l'univers d'Harry Potter. Il nous aidera à prendre notre mal en patience dans cette plongée hors du temps que sera cette longue journée de repos. 
Une légère hésitation nous a saisies au moment de pousser cette lourde porte digne d'un cachot. Pourtant, je vous assure, il fait bon de se réchauffer à l'intérieur de cet hôtel restaurant, le Kaiserkrone

Pour le reste, la visite du village se fait plutôt rapidement : celui-ci comporte un seul magasin, qui fait aussi office de Poste, de salle polyvalente, de caserne de pompiers. Un panneau signalant les objets trouvés nous indique l'adresse et le numéro de téléphone privé du maire, pour aller lui remettre en mains propres nos éventuelles trouvailles. 

Il pleut sans discontinuer jusqu'au soir, où nous retournons dîner dans "notre" restaurant, officiellement rebaptisé "restaurant Harry Potter" par nos soins, et où je peux enfin profiter d'un peu de Wifi. 

Le soir, nous nous couchons tôt, pour clôturer cette journée sans lumière, cette longue journée de pluie où le temps semble s'être étiré dans je ne sais quelle dimension. Le lendemain, je sais qu'une belle étape nous attend, et nous nous endormons en pensant à la suite. 

Si c'était à refaire, le choix de cette auberge, dans ce village, serait la seule chose que je changerais dans notre voyage. Elmen est vraiment, vraiment tout petit, et présente moins de charme qu'un village comme Holzgau, par exemple, un des plus beaux villages de la vallée, d'où nous avons démarré notre étape suivante, sans pouvoir trop nous y attarder. Il aurait probablement gagné à ce que nous puissions prendre davantage le temps de le découvrir en y passant une ou deux nuits. 


 À vite pour la prochaine étape, beaucoup plus ensoleillée ! 


En attendant, vous pouvez relire les précécents articles consacrés à ce voyage ici :


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